Dans le cadre de ce projet, nous été confrontés à des exigences particulières en matière de couleur : le plafond du hall d’accueil devait comprendre quatre couleurs différentes.
Le 18 janvier 2007, la Reine Beatrix des Pays-Bas a inauguré la nouvelle aile du Palais de la Paix - un complexe multifonctionnel de 7 000 m² avec une bibliothèque, une salle de lecture, un auditorium et des espaces de bureaux réservés au Tribunal International et à la Cour Permanente d’Arbitrage.
Cette nouvelle aile est constituée de formes géométriques : rectangles, triangles et ellipses utilisant des matériaux modernes tout en respectant l’histoire des lieux.
Le nombre croissant de livres et de participants à des conférences internationales a révélé l’exiguïté de l’ancien bâtiment. Une grande partie du nouveau bâtiment est occupée par une bibliothèque et une salle de lecture. Le sous-sol est, quant à lui, équipé de 22 kilomètres de rayonnage. L’acoustique a été l’un des éléments majeurs pris en considération lors de la conception. Cet aspect nécessitait une attention particulière en raison de l’utilisation du bâtiment et des matériaux mis en oeuvre, souvent durs et réfléchissants. Sans mentionner l’esthétique. Le hall d’accueil du bâtiment nécessitait l’utilisation d’un plafond acoustique pourvu d’une performance en absorption élevée (aw entre 0,80 et 0,90). Il devait également être intégralement monolithique, constitué d’un matériau stable et offrir la possibilité d’utiliser des couleurs. Le plafond Mono Acoustic de Rockfon a ainsi été sélectionné car il répondait en tous points au cahier des charges.
Dans certains endroits, le plafond était contigu à d’autres matériaux tels que le métal, le verre et le plâtre. Des adaptations architecturales ont dû être entreprises ainsi qu’une réflexion au sujet de l’implantation de l’éclairage. Le système Mono Acoustic comprend des ossatures sur lesquelles les panneaux de plafond sont ensuite fixés mécaniquement. Les joints sont recouverts au moyen d’un enduit de garnissage et sont ensuite poncés. Une fois le plafond parfaitement lisse, un enduit de finition est alors projeté afin d’obtenir un plafond sans démarcation.
Dans le cadre de ce projet, nous été confrontés à des exigences particulières en matière de couleur : le plafond du hall d’accueil devait comprendre quatre couleurs différentes. En termes de couleur, les surfaces grises sur le sol s’associent élégamment au métal présent dans la salle de lecture. La couleur rouge du plafond correspond exactement à celle de l’oeuvre d’art qui décore l’un des murs. Ensuite, un plafond jaune permet de faire la transition vers un plafond extérieur au travers d’une façade en verre sans changer de couleur. Il a été procédé de façon similaire avec un plafond violet qui se projette hors de la façade comme une part de gâteau.
Entretien avec Bas van Hille, architecte
« Il était tout à fait logique pour nous d’être impliqués dans la construction de la nouvelle aile du Palais de la Paix. Nous travaillons sur ce bâtiment depuis 1975. Nous en avons restauré de nombreux aspects et nous coordonnons toujours le travail de maintenance. Nous avons élaboré le cahier des charges du nouveau bâtiment sur la base de ce contexte.
De notre point de vue, un bâtiment est avant tout un endroit devant être utilisé qui doit durer longtemps. Si les utilisateurs ne peuvent y vivre ou travailler de manière optimale, c’est qu’il est inadéquat. La durabilité est un mot essentiel dans notre travail. C’est pourquoi nous ne sommes pas des innovateurs en ce qui concerne l’utilisation de nouveaux matériaux ; dans nos bâtiments vous verrez surtout des matériaux qui ont largement fait leurs preuves. Cela donne un aspect et une apparence distinctifs, qui peuvent résister au temps qui passe.
Ici, le défi était de construire une nouvelle aile pour le Palais de la Paix qui soit individuelle mais en harmonie avec le bâtiment historique, le jardin et le reste des environs. En tant que concepteur, vous pouvez soit harmoniser cela avec le bâtiment existant, soit rechercher un contraste. L’idée initiale était d’inclure une partie d’une extension précédente du Palais de la Paix dans le nouveau bâtiment. Cependant, nous avons abandonné cette idée et opté pour une nouvelle construction. Nous avons pensé que le Palais de la Paix était un symbole, un édifice dominant qui devait rester reconnaissable en tant que tel. Et c’est ce qu’il s’est avéré être en fin de compte. Aujourd’hui, lorsque vous approchez du Palais, vous voyez la partie ancienne dans toute sa splendeur avec la nouvelle aile sur le côté.
Lorsque vous travaillez sur un nouveau bâtiment, vous remarquez parfois que les riverains ne sont pas satisfaits par celui-ci. Au départ, ils n’en pensent pas grandchose, ils n’ont aucune affinité avec lui. Mais cela est logique, un bâtiment ne devient ancré dans une communauté que lorsqu’il est là depuis quelque temps. Il faut du temps pour développer une relation avec ses environs. Il faut donc laisser passer la période initiale suivant la construction avant qu’un bâtiment fasse complètement partie du paysage local. Vous faites cela en concevant des bâtiments à taille humaine, qui s’intègrent dans leur environnement et vieillissent bien.
Vous devez vous rappeler que dès qu’un nouveau bâtiment est livré, il est photographié de tous les côtés lorsqu’il est terminé et qu’il est superbe. Mais à quoi ressemblera-t-il dans dix ans? Nous prenons cela en compte dès la conception : les bâtiments que nous construisons sont encore plus attrayants avec le temps qui passe ! »

